Accueil Police-justice Explosion à Monaco : la piste d’un règlement de comptes évoquée par la presse ukrainienne

Explosion à Monaco : la piste d’un règlement de comptes évoquée par la presse ukrainienne

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Une charge explosive déposée dans le hall d’un immeuble de la Principauté a grièvement blessé trois personnes le 29 juin au soir. Le parquet enquête pour tentative de meurtre et l’auteur reste en fuite. Le média ukrainien Ukrainska Pravda, qui apporte de nouveaux éléments sur les victimes, avance une possible piste criminelle liée au crime organisé.

Ce qui s’est passé

L’explosion s’est produite peu avant 21 heures, lundi 29 juin, dans le hall d’un immeuble résidentiel de Monaco, à proximité de la frontière française. Selon les premiers éléments, le suspect a déposé un paquet contenant un engin explosif dans le hall de l’immeuble avant de s’éloigner rapidement vers la commune voisine de Beausoleil, côté français, où les enquêteurs ont perdu sa trace. Les trois victimes rentraient, selon le ministre d’État Christophe Mirmand, « paisiblement » chez elles et ont été surprises par la déflagration au seuil de leur immeuble.

Les victimes

Selon le bilan humain détaillé par Ukrainska Pravda, la compagne de Vadim Iermolaïev a perdu ses deux jambes dans l’explosion : ses membres inférieurs ont été partiellement sectionnés et une amputation a été pratiquée dans un hôpital de Nice, où elle a été admise en urgence vitale. Iermolaïev lui-même a été touché par des brûlures et des éclats, mais ses jours ne sont pas en danger ; il était conscient lorsqu’il a été photographié pendant son évacuation. La troisième victime, un adolescent de 13 ans, son fils, n’a été que légèrement blessée, un boulon provenant de l’engin s’étant logé dans sa jambe après qu’elle a été projetée par le souffle.

Le média ukrainien précise que la femme grièvement blessée est la compagne de l’homme d’affaires, et non son épouse comme d’abord rapporté ; selon Suspilne, celle qui est légalement sa femme se trouvait ailleurs au moment de l’explosion. Ces informations démentent par ailleurs la rumeur qui avait couru cette nuit-là, selon laquelle deux des victimes seraient décédées.

Qui est la cible présumée

Vadim Iermolaïev est un homme d’affaires originaire de Dnipro, fondateur de la corporation industrielle et commerciale Alef et l’un des plus gros promoteurs immobiliers de la ville. Longtemps classé parmi les 100 Ukrainiens les plus riches par Forbes, il a renoncé à la nationalité ukrainienne pour devenir citoyen chypriote. En décembre 2023, le président Volodymyr Zelensky a entériné une décision du Conseil de sécurité et de défense le plaçant sous sanctions personnelles pour dix ans, les services de sécurité ukrainiens invoquant l’activité de son négoce d’alcool en Crimée occupée, où ses sociétés versaient des impôts au budget russe. Il figurait également dans l’enquête « Bataillon Monaco » d’Ukrainska Pravda, consacrée aux hommes d’affaires et oligarques ukrainiens installés sur la Riviera pendant l’invasion russe à grande échelle.

Une piste criminelle, selon des sources policières

Une hypothèse d’enquête non confirmée, avancée par des sources policières citées par Ukrainska Pravda, veut que l’attaque puisse être l’œuvre de représentants du crime organisé et être liée à des call-centers frauduleux qu’Iermolaïev aurait mis en place à Dnipro, proposant de fictives opportunités d’investissement. Aucune autorité monégasque ou française n’a confirmé cette piste, et le parquet maintient que le mobile reste indéterminé.

Le procureur général Stéphane Thibault a annoncé l’ouverture d’une enquête pour tentative de meurtre, écartant à ce stade la qualification terroriste ; selon lui, le suspect a agi seul et son mobile demeure inconnu.

La traque

La chasse à l’homme se poursuit. Ce matin du 1er juillet, des véhicules étaient encore fouillés par des brigades françaises à Beausoleil, les accès à Monaco demeurant sous surveillance conjointe des polices française et monégasque. Les recherches mobilisent la police monégasque, une quarantaine de gendarmes français et deux hélicoptères. Le suspect, filmé par de nombreuses caméras mais le visage partiellement dissimulé, reste recherché, les enquêteurs exploitant la vidéosurveillance et auditionnant d’éventuels témoins. Le prince Albert II a fait savoir que l’ensemble des services de secours et de sécurité disponibles avaient été mobilisés, en coordination étroite avec les autorités françaises.


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