Accueil Economie Monaco et le tourisme d’affaires : grande ambition, vraies contraintes

Monaco et le tourisme d’affaires : grande ambition, vraies contraintes

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Visit Monaco déploie ce 19 mai une nouvelle campagne internationale à destination du tourisme d’affaires, déclinée sous la signature « Monaco, Everything At Once » — « Monaco, Là où tout se vit » en français. Ce volet MICE (réunions, séminaires, congrès, événements d’entreprise) prolonge la campagne loisirs lancée par la Direction du Tourisme et des Congrès, dont le slogan avait été présenté dès mars 2026 lors du bilan annuel du secteur.

L’argument central repose sur la capacité de la Principauté à réunir, sur 2 km², l’ensemble des conditions d’un événement professionnel : hébergement haut de gamme, infrastructures récentes — notamment le Grimaldi Forum, dont l’extension de 6 000 m² supplémentaires a ouvert en janvier 2025 —, sécurité et accessibilité internationale. Le tourisme d’affaires représente plus d’un quart des nuitées totales, un segment que la DTC entend consolider via un dispositif composé d’un film et de cinq visuels, diffusés sur les plateformes professionnelles et portés par le Monaco Convention Bureau.

Une promesse de densité que la capacité hôtelière peine à suivre

Mais le discours sur la concentration de toutes les composantes d’un événement en un seul lieu se heurte à un constat documenté : la Principauté dispose d’environ 2 500 chambres, moins de 3 000 en comptant la périphérie immédiate. Le président du Grimaldi Forum, Henri Fissore, avait lui-même formulé le problème début 2025 : un apport d’au moins 400 chambres supplémentaires serait nécessaire pour répondre confortablement à la demande des congrès de grande capacité. Des événements comme Luxe Pack ou l’Anti-Aging World Congress, qui cumulent plusieurs milliers de visiteurs, obligent régulièrement à héberger des participants à plusieurs dizaines de kilomètres de la Principauté.

La campagne s’inscrit par ailleurs dans un marché en mutation. En 2026, le tourisme d’affaires recule légèrement en volume tout en progressant en valeur par séjour, et les entreprises tendent à organiser des événements moins fréquents mais plus stratégiques. Les organisateurs se replient également sur les zones jugées sûres face à l’instabilité géopolitique, ce qui constitue un argument potentiellement favorable à Monaco, dont la sécurité est précisément l’un des axes de la campagne. La tendance RSE s’impose aussi comme critère de sélection des destinations, avec une capacité croissante à mesurer l’impact environnemental des événements. La campagne ne mentionne pas cet angle. 

La concurrence reste multiple et à l’échelle européenne, avec Cannes comme adversaire le plus proche, et en toile de fond Barcelone, Lisbonne, Dubaï ou Istanbul, toutes dotées d’infrastructures de congrès bien plus vastes. Nice, principale porte d’entrée de Monaco via son aéroport, développe simultanément sa propre offre hôtelière et congressiste. Guy Antognelli, directeur du Tourisme et des Congrès, résume l’ambition : « Avec ‘Monaco, Everything At Once’, nous affirmons une destination capable de conjuguer efficacité, créativité et expérience. »