Accueil International Visite apostolique du Pape : une première dans l’histoire contemporaine de la Principauté

Visite apostolique du Pape : une première dans l’histoire contemporaine de la Principauté

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C’est une page d’histoire qui s’apprête à s’écrire sur le Rocher. Le Cabinet de S.A.S. le Prince de Monaco a rendu public ce mercredi 25 février un communiqué officiel confirmant la venue du Pape Léon XIV en Principauté pour une visite apostolique, le samedi 28 mars 2026. Simultanément, le Vatican annonçait de son côté la même nouvelle par la voix de Matteo Bruni, directeur du service de presse du Saint-Siège. Cette double annonce synchronisée témoigne du soin diplomatique qui entoure cet événement.

Aucun souverain pontife ne s’étant rendu à Monaco depuis le début des grands voyages apostoliques modernes dans les années 1960, cette visite constitue littéralement une première dans l’histoire contemporaine de la Principauté. Elle sera la deuxième visite internationale de Léon XIV en 2026, après un premier déplacement en Turquie et au Liban à la fin de l’année 2025.

Une invitation portée au plus haut niveau

Tout a commencé le 17 janvier dernier, au Palais apostolique du Vatican. Le Prince Albert II a été reçu en audience privée par le nouveau Pape, et c’est lors de cette rencontre qu’il lui a formellement adressé une invitation à visiter Monaco. Quelques semaines plus tard, le 10 février, la salle de presse du Saint-Siège confirmait que le projet était sérieusement à l’étude. La confirmation officielle est donc intervenue le 25 février, scellant un agenda que beaucoup considéraient déjà comme quasi-certain.

À cette invitation du chef d’État est venue s’ajouter celle de l’Archevêque de Monaco, Monseigneur Dominique-Marie David, qui a adressé un courrier personnel au Souverain Pontife. Dans ce message, le prélat soulignait les liens historiques constants qui ont uni la Principauté et le Saint-Siège, évoquant les efforts du Prince Albert II pour maintenir vivante la responsabilité collective face aux défis du monde contemporain.

« La visite du Saint-Père constituera un moment historique pour Monaco et un signe fort d’espérance, dans un esprit de dialogue, de paix et de responsabilité partagée. »

— Communiqué officiel du Palais Princier de Monaco, 25 février 2026

Le samedi des Rameaux : un choix chargé de sens

La date retenue, le samedi 28 mars, n’est pas anodine : elle précède directement le dimanche des Rameaux, qui marque le début de la Semaine Sainte dans le calendrier chrétien. Ce choix place la visite monégasque dans un temps liturgique particulièrement fort, à l’orée de la période la plus solennelle pour l’Église catholique. Il s’agira d’une visite d’une seule journée, comparable dans sa forme au déplacement éclair qu’avait effectué le Pape François en Corse le 15 décembre 2024. Le programme détaillé de la journée n’a pas encore été dévoilé par le Vatican, qui a précisé qu’il serait communiqué ultérieurement.

Des siècles de liens entre les Grimaldi et le Saint-Siège

Si cette visite est une première à l’époque contemporaine, elle s’inscrit dans une relation vieille de plusieurs siècles entre la maison Grimaldi et la papauté. Depuis leur installation à Monaco en 1297, les Grimaldi ont fait de leur devise « Deo juvante » — « Avec l’aide de Dieu » — un marqueur identitaire fondamental. La Principauté est l’un des rares États européens où la religion catholique, apostolique et romaine figure explicitement dans la Constitution, adoptée le 17 décembre 1962 en son article 9, tout en garantissant la liberté de culte.

Un détail symbolique particulièrement remarquable : c’est précisément sous le pontificat de Léon XIII que Monaco obtint son autonomie religieuse avec la création de son propre diocèse en 1887. Le Pape actuel, Léon XIV, a précisément choisi son nom pontifical en hommage à ce même Léon XIII, connu pour ses enseignements majeurs sur la doctrine sociale de l’Église et son encyclique Rerum Novarum de 1891. Le lien entre les deux Léon et Monaco prend ainsi une résonance toute particulière.

Monaco dans le prisme du nouveau pontificat

Pour le Vatican, la Principauté représente bien plus qu’un micro-État méditerranéen. Le communiqué du Saint-Siège souligne que Monaco incarne « une réalité européenne où le catholicisme est religion d’État et où le dialogue entre les institutions civiles et l’Église conserve une importance concrète, y compris dans le débat public ». Dans une Europe occidentale de plus en plus sécularisée, la Principauté fait figure d’exception et cette visite envoie un signal fort.

Par ailleurs, le Prince Albert II partage avec Léon XIV un engagement commun en faveur de la protection de l’environnement, thème que le nouveau pape a hérité de son prédécesseur François. La dimension diplomatique de Monaco, État souverain actif dans les forums internationaux malgré ses deux kilomètres carrés et ses quelque 39 000 habitants — dont seulement un quart de Monégasques —, confère à cette visite une portée symbolique qui dépasse largement ses frontières géographiques.


Un agenda international qui s’étoffe

La visite à Monaco s’inscrit dans un calendrier apostolique 2026 particulièrement dense pour Léon XIV. Dès le 13 avril, le Souverain Pontife s’envolera pour une grande tournée africaine de dix jours couvrant l’Algérie — première visite papale dans ce pays —, le Cameroun, l’Angola et la Guinée équatoriale. Un voyage en Espagne est ensuite prévu du 6 au 12 juin. Des déplacements en Italie sont également annoncés, à Naples, Pompéi et sur l’île de Lampedusa.

Monaco sera donc la première étape européenne de cette année pontificale intense. L’archidiocèse de Monaco a d’ores et déjà indiqué qu’il communiquerait dans les prochains jours des informations complémentaires sur le programme de la journée et les modalités pour vivre ou suivre cet événement historique.

« Cette visite s’inscrit dans la continuité des liens séculaires qui unissent la dynastie des Grimaldi aux Successeurs de Pierre, ainsi que dans le cadre des relations diplomatiques anciennes et confiantes entre la Principauté de Monaco et le Saint-Siège. »

— Palais Princier de Monaco

Le 28 mars 2026 entrera dans les annales de la Principauté. Pour une nation dont la superficie est inférieure à celle de nombreux parcs urbains, accueillir le chef de l’Église catholique — qui dirige une communauté de 1,4 milliard de fidèles à travers le monde — constitue un événement d’une portée considérable, à la fois spirituel, diplomatique et historique.