Le tribunal de Nanterre a rejeté, le 4 février, l’immunité invoquée par le prince Albert II de Monaco, poursuivi en diffamation par son ancien comptable Claude Palmero à la suite d’une interview accordée au magazine Le Point en avril 2024.
Cette procédure s’inscrit dans le contexte de tensions apparues fin 2021 avec la publication des « Dossiers du Rocher », et ses accusations de collusion de quatre proches du prince, dont Claude Palmero. Ce dernier a été limogé en juin 2023. Un audit a ensuite mis en lumière des techniques de gestion qualifiées de peu orthodoxes. Par la suite, Claude Palmero a relayé dans les médias des accusations et des informations concernant la famille princière.
Parallèlement à des poursuites engagées pour abus de confiance puis pour atteinte à la vie privée, le prince a exprimé sa colère dans un entretien au Point. Claude Palmero a alors déposé une plainte en diffamation visant le prince, l’hebdomadaire et son directeur de la publication, Étienne Gernelle. Le prince a invoqué son immunité de juridiction en tant que chef d’État en exercice.
Une immunité écartée dans une procédure civile
Dans sa décision, dont l’AFP a obtenu copie, le tribunal a estimé que l’immunité de juridiction n’était absolue que dans le cadre d’une procédure pénale, alors que l’action engagée par Claude Palmero relève du civil. Les juges ont également considéré que, dans les propos examinés, le prince s’exprimait à titre privé lorsqu’il évoquait son ancien comptable.
Le tribunal a relevé que le passage consacré à Claude Palmero portait principalement sur un sentiment de trahison familiale, distinct des réponses données en qualité de chef d’État sur des sujets tels que la lutte contre le blanchiment, l’économie monégasque ou l’environnement. « Il n’y a pas lieu par conséquent de retenir une immunité de juridiction civile au bénéfice de M. Grimaldi », indique la décision.
L’avocate de Claude Palmero, Me Virginie Tesnière, a déclaré que son client « aura donc l’occasion de rétablir son honneur dans le cadre d’un procès équitable en France ». Contactés par l’AFP au sujet d’un éventuel appel, le palais et l’avocat du prince n’ont pas réagi dans l’immédiat.