Accueil Numérique Grand Prix de Monaco : 750 fréquences sous haute surveillance

Grand Prix de Monaco : 750 fréquences sous haute surveillance

0 3 minutes read

Alors que quelque 200 000 personnes convergent chaque année sur les 2 km² de la Principauté pour le Grand Prix de Formule 1, la Direction des Plateformes et des Ressources Numériques (DPRN) déploie pour l’édition 2026 un dispositif sans précédent pour garantir l’intégrité des communications radioélectriques du 4 au 7 juin. En coordination avec l’Agence nationale des fréquences (ANFR), elle gère cette année 750 fréquences attribuées aux talkies-walkies, microphones, caméras et transmissions de données de 32 prestataires différents.

L’enjeu dépasse la simple logistique technique. Dans un espace aussi confiné, la coexistence de dizaines de milliers d’équipements radioélectriques professionnels et grand public crée une densité spectrale exceptionnelle. La DPRN assure que toute interférence non maîtrisée pourrait affecter la sécurité des pilotes et des spectateurs, compromettre l’intervention des services de secours ou perturber la couverture médiatique mondiale — 900 heures de direct et près d’1,2 milliard de téléspectateurs suivent chaque année la course.

Un territoire saturé bien avant le départ

Le phénomène de congestion des réseaux lors du Grand Prix est un problème bien documenté, que connaissent tous les grands événements de Formule 1. La foule est telle que le réseau mobile est souvent saturé le dimanche, appels et données ne passant plus, au point que des guides pratiques conseillent aux spectateurs de convenir à l’avance d’un point de rendez-vous physique. Les fans de F1 du monde entier savent que la connectivité lors des courses avait historiquement souffert du simple fait du nombre de personnes concentrées sur un même réseau en même temps. Lors du Grand Prix de Las Vegas, quand 300 000 fans convergent sur une zone restreinte, la congestion est inévitable, forçant les opérateurs à déployer des antennes mobiles supplémentaires et des architectures réseau dédiées.

À Monaco, la situation est structurellement plus complexe qu’ailleurs. Le réseau 4G sature en raison de la densité de Monaco, y compris hors période de Grand Prix, ce qui avait conduit Monaco Telecom à accélérer le déploiement de la 5G. Cette cinquième génération, déployée par Monaco Telecom en partenariat avec Huawei, vise précisément à répondre à la saturation du réseau 4G face à l’explosion des usages. Depuis mars 2024, les abonnés des opérateurs français basculent sur le réseau Monaco Telecom en itinérance lors de leur venue en Principauté, ce qui accroît mécaniquement la charge sur l’infrastructure locale pendant les événements à forte affluence.

C’est dans ce contexte que cinq agents de la DPRN, renforcés par trois experts de l’ANFR, seront mobilisés sur site pour assurer le contrôle du spectre, prévenir les risques de brouillage et détecter les réseaux non déclarés. Un travail préparatoire approfondi, mené en amont grâce à des outils spécialisés de supervision, a permis une analyse fine des fréquences déjà en usage et l’anticipation des interférences potentielles.

Cette mobilisation s’inscrit dans un agenda sportif plus large. La DPRN est intervenue lors du Grand Prix Historique fin avril (50 fréquences, 4 prestataires, sans incident) et du Monaco E-Prix en mai (200 fréquences, 2 prestataires, sans incident). Elle sera également présente lors des E1 Series de bateaux électriques en juillet et, à la fin de l’été, lors du passage de la Vuelta 2026 le 22 août, avec une coordination tripartite entre Monaco, la France et l’Espagne pour la gestion en itinérance de 100 fréquences.


En savoir plus sur Pages Monaco

Subscribe to get the latest posts sent to your email.