Accueil Politique Conseil national : retour sur la sécession de deux élus

Conseil national : retour sur la sécession de deux élus

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Le paysage politique du Conseil national connaît une recomposition après le départ de deux conseillers de la majorité. Régis Bergonzi et Roland Mouflard ont annoncé la création d’un nouveau groupe, « En avant Monaco », aux côtés de Brigitte Boccone-Pagès. La majorité, réunie au sein de Union Nationale Monégasque, réfute leurs critiques et dénonce une « manœuvre politicienne ».

La rupture, officialisée début février, intervient après « plusieurs mois de réflexion », selon les deux élus. Dans un entretien accordé à Monaco-Matin, ils évoquent un « manque de sérénité » dans les échanges internes, une place jugée insuffisante accordée au débat et des désaccords sur certaines prises de position publiques. Ils estiment que certaines séquences parlementaires ont fragilisé le climat institutionnel et affirment vouloir retrouver « liberté de parole et d’initiative ».

Le nouveau groupe, baptisé En avant Monaco, entend déposer une proposition de loi tous les 45 jours, avec une priorité donnée aux sujets sociaux. Les deux conseillers assurent que leur démarche ne s’inscrit pas dans une stratégie électorale en vue du scrutin de février 2028 et excluent, à ce stade, toute alliance préétablie.

En réponse, le groupe majoritaire a publié un communiqué le 10 février. Il « prend acte » du départ mais conteste les arguments avancés. Le texte défend les méthodes de travail instaurées par le président du Conseil national, Thomas Brezzo, évoquant des pratiques « inédites » en matière de partage d’informations et de transparence. La majorité affirme que les élus ont toujours pu exprimer leur opinion avant les prises de décision communes et indique avoir découvert la décision par voie de presse, sans échange préalable.

Sur le plan institutionnel, cette recomposition ne remet pas mécaniquement en cause la majorité numérique. Elle modifie toutefois l’équilibre politique interne, en installant une voix parlementaire distincte susceptible de déposer textes et amendements indépendants.

À court terme, l’enjeu portera sur la capacité du nouveau groupe à faire aboutir ses propositions et sur la nature des relations qu’il entretiendra avec la majorité et le gouvernement. À moyen terme, cette évolution pourrait redéfinir les dynamiques internes du Conseil national à l’approche de la fin du mandat.